J'ai eu mon bac. Je vis seul dans mon appart'. Je suis une grande. J'entame ma premiere année en droit. Je cotoie des gens différents avec un esprit critique immensemment développé, nos sujets de conversation: le conflit israelo palestinien, le consensus du nouveau traité européen, les projets de Valérie Pecresse... Je suis dans le tourbillon de la folie étudiante de l'esprit de révolte d'avoir l'impression de pouvoir déplacer des montagnes.
depuis que je suis petite je veux réussir. C'est devenu mon obsession. Non pas, que je recoit une pression de mes parents ou de la société française... En d'autre terme apart moi, ma réussite n'interesse personne. Le probleme c'est moi. Moi et moi seule. J'ai un besoin fou de me trouver des choses bien, de me rassurer, même si au fond je suis rongé par l'angoisse. L'angoisse de me réveiller un matin avec trois enfants, dans un hlm et d'avoir suivie culture et formation d'être secrétaire médicale (dédicass a to Pierre mdr) de partir en vacance dans des endroits minables dans une voiture minable et de chialer sur ma vie minable. Je veux croire en l'ascenceur sociale, l'égalité des chances. Parler de la reproduction sociale me met les larmes aux yeux alors je me dis que mon ambition bouffera tout. Tout ces préjugés à la con. Ce qui disent qu'on garde les habitus qu'on est prédestiné, qu'avant même de naître, on sait déja tout. Notre vie est tracée.
" petite fille prolétaire frustrée "
